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samedi 16 avril 2011

Champagne pour le tram de Reims !




Rose, violet, bleu, rouge, vert anis... C'est un ballet multicolore de tramways au nez en forme de flûte à champagne qui a défilé dans les rues de Reims le 16 avril 2011.

Pour concevoir, construire et exploiter les deux lignes de tram mais aussi un nouveau réseau de bus, la communauté d'agglomération a fait le choix du partenariat public-privé (PPP).
Un financement original dans les transports publics.

Les tramways Citadis d'Alstom à Reims au nez en forme de flûte de champagne. © Ch. Recoura

A Reims, c'est l'effervescence des grands événements.
Le 6 mai 2011, la cathédrale de Reims, celle où ont été sacrés les rois de France, fêtera ses 800 ans.
Du haut de ces tours, huit siècles contemplent l'histoire de la ville.



Deux lignes de tramway voient en effet le jour, et le réseau de bus est entièrement revu pour une mise en exploitation le 18 avril.
Un tramway qui a emprunté dans son design à l'autre élément du patrimoine de la ville : le champagne.

A Reims, le "nez" des Citadis d'Alstom est en forme de flûte à champagne aux couleurs acidulées : roses, violettes, jaunes, bleues, vertes etc.

En tout, huit couleurs également déclinées sur les bus urbains.

De quoi donner une nouvelle jeunesse à une cathédrale dont les statues étaient à l'origine polychromes.
La ville à d'ailleurs prévu pour les festivités du huitième centenaire de recréer cette ambiance colorée grâce à un système de projections de lumières sur l'édifice religieux.

Reims profite du tram pour se refaire une beauté : traitement complet des voies de façade à façade, plantations le long de la voie pour remplacer les 1 500 arbres coupés pendant les travaux, environnement minéral pour la traversée du centre-ville, réaménagement de la gare, stations conçues par la designer Sovann Kim, longues parties engazonnées en périphérie, et pas de caténaires dans le centre.

Les deux kilomètres qui traversent l'hypercentre sont équipés du système de captation du courant par le sol d'Alstom, l'APS.
Le tram sera en site propre sur 95% de son parcours et sur les 5% partagés avec les automobiles, il aura toujours la priorité.


Priorité devant les automobiles

Les rails du tramway traversent l'agglomération du nord au sud sur 11 km (23 stations) entre Neufchâtel et la gare TGV de Bezannes.
S'y ajoute une "virgule" de quelques centaines de mètres pour desservir le CHU Robert Debré.

Deux services distincts vont être exploités sur cette voie avec une longue partie centrale en tronc commun. La ligne A (9 km, 21 stations) part de Neufchatel au nord de l'agglomération, traverse le cœur de Reims en desservant de gros générateurs de déplacement : la gare centre, le quartier de la cathédrale le stade Auguste Delaune, la gare TER Franchey d'Esperey, le campus Croix rouge, pour aboutir au CHU Robert Debré.

La ligne B (7 km 13 stations) démarre de la gare centre et est commun à la ligne A jusqu'à la médiathèque où elle s'en sépare pour desservir la gare de Bezannes.
Les fréquences de passage sont calées sur l'activité de la gare TGV (17 trains par jour).
Ces deux lignes de tramway sont complétées par un réseau de bus restructuré soit au total 7% d'offre de transport supplémentaires.

Il aura fallu près de 30 ans entre les premières réflexions sur un tramway à Reims et son inauguration.
Il avait bien fallu 64 ans pour bâtir la cathédrale!

34 ans sur Mars

Principale originalité du tramway de Reims, son montage juridique : un partenarat public privé (PPP, également appelé concession) de 34 ans : 4 ans de conception et de construction et 30 ans d'exploitation et de maintenance des lignes et du réseau de bus.

Cette concession a été remportée par Mars (Mobilité Agglomération Rémoise), consortium composé d'Alstom transport, Veolia Transdev, Bouygues, Quille, Pertuy Construction, Colas, SNC Lavalin, Pingat, Natixis, la Caisse d'Epargne Lorraine Champagne Ardenne et la Caisse des Dépôts.

Un choix exigé par Jean-Louis Schneiter l'ancien maire de Reims, pour des raisons financières mais aussi d'efficacité et pour une meilleure gestion du projet : les membres du groupement avaient tout intérêt à ce que la construction se fasse dans les temps sous peine de pénalités.

Le financement du projet (345 millions d'euros) est porté par Mars qui en couvre 60% sur fonds propres et via un prêt auprès de Natixis et la BEI.
Le solde provient d'une subvention d'équipement de la communauté d'agglomération.

Mars se rémunère pendant toute la durée du PPP avec les recettes d'exploitation. L'équilibre financier repose donc sur l'évolution de la fréquentation. La société a pris l'engagement de l'augmenter de 40% à l'horizon 2016
Pendant les 30 ans d'exploitation, la collectivité locale acquittera une subvention forfaitaire d'exploitation. Pour Mars comme pour l'exploitant Veolia Transdev, l'équilibre économique du projet repose donc sur le niveau de recettes.


Bonne nouvelle : Pas de grève pour l'inauguration !

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