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mercredi 16 juin 2010

le Designer' Day










L’association des Designer’s Days a été fondée en 2000 et fédère, comme l’indique son président Alain Lardet, « des maisons qui se développent ou se régénèrent grâce au design contemporain ».

Christofle, Bernardaud ou Baccarat en sont de bons exemples. « En dix ans, le design est entré dans la sphère de l’art de vivre.
Mais c’est aussi devenu un langage international qui crée du lien, joue un rôle social et économique ».
En témoigne la dernière aventure du designer François Azambourg qui revient du Burkina Faso avec un fauteuil sculpté… dans une termitière (rassurons-nous, la reine est morte, donc plus de trace de bestioles !) (1).
Sa couleur rouge due au fer qui se trouve dans la terre et sa texture alvéolée confinant au motif ont intéressé ce designer épris de légèreté.
Chassé dans la brousse en mobylette, puis débité et couché sur une charrette tirée par des ânes, le morceau de nature pesant tout de même une tonne a finalement gagné Ouagadougou en camion.
Puis François Azambourg en a affiné la forme originelle avec une simple machette et l’assise obtenue a ainsi été cuite dans un bûcher avant de s’envoler pour Paris.

Chez Poltrona Frau, on pourra donc la découvrir accompagnée d’un film de huit minutes retraçant cette performance qui revêt un sens plus profond : « Poltrona Frau souhaitait mettre à l’honneur l’un de ses fauteuils, conçu pour le Parlement Européen.
S’agissant d’un symbole fort de pouvoir, j’ai pensé à un trône, puis à l’Afrique.
D’une certaine manière, j’ai voulu montrer la vanité se trouvant derrière cette quête de pouvoir puisque, quoi qu’il arrive, on retournera tous à la terre ». Prenez donc un siège…

(1) Le fauteuil sera vendu aux enchères et l’argent remis à Vincent Bailou, designer à Ouagadougou et complice de François Azambourg pour ce projet, afin de mettre sur pied une structure pour le design à Ouagadougou.

Designer’s Days, du 9 au 14 juin.
Renseignements et programmes : www.designersday.com


Moins extrême mais tout aussi expérimental, certains créateurs se sont piqués, eux, de brouiller les pistes.
Le designer Patrick Jouin et le pâtissier Christophe Michalak (le coupable de ces irrésistibles bisounours en guimauve du Plazza Athénée) réinterprètent en gâteaux certaines pièces mythiques de Cassina.

« La gastronomie et le design ont en commun le plaisir, la sensualité, le toucher », note Patrick Jouin. D’ailleurs certains meubles trouvent naturellement une résonance gourmande, comme ceux, mous et gonflés, de Mario Bellini.
« Le simple fait de porter un regard un peu différent, irrévérencieux, sur ces intouchables du design signés Charlotte Perriand ou Gio Ponti les rend à nouveau très humains », apprécie Patrick Jouin.

Autre fusion des univers chez Veronese où Chantal Thomass, transfuge de la mode, a élaboré une gamme de miroirs (dont un XXL, 2,30 m de hauteur !) et de luminaires (lustre classique dont les pampilles ont été remplacées par des rubans de verre, abat-jour capitonné, applique flanquée d’un pompon de cristal, etc.)
Esprit boudoir donc, mais pas futile pour autant… « Je me suis vraiment impliquée dans la fabrication. Cela m’a passionnée d’aller à Murano et d’élaborer les prototypes, sur place, avec les artisans », relate très précisément la créatrice.

Collaboration encore, entre le studio A+A Cooren et le verrier Wilfried Allyn, qui réalisent un incroyable vase soufflé, Tourbillon, évoquant le cycle de l’eau et plus largement la nature dans l’habitat(1).
On pourra l’admirer à la Gallery(2), aux côtés d’autres curiosités dont les objets – de la suspension à la petite voiture – édités en série limitée dans le temps, de Self studio.

Enfin Constance Guisset, l’auteure des dix vitrines des galeries Lafayette, dévoilera sa lampe Angelin, en papier, clin d‘œil au chorégraphe Angelin Preljocaj dont elle avait assuré la scénographie du solo à l’automne, elle aussi, tout papier…

(1) Réalisé pour le Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main.
(2) Gallery, 111 rue de Turenne, 75003 Paris.

S’il est une valeur chère aux Designers Days, c’est de mettre le design à la portée de tous.
L’exposition sur le travail de Sigvard Bernadotte au Centre culturel suédois (d’ailleurs très agréable l’été, avec sa cour pavée, son petit café et son cake carotte) lui fait directement écho.
Fascinant de redécouvrir ces objets populaires (casseroles, set pique-nique, arts ménagers, etc.) qui sont aussi les premiers à avoir été réalisés en agence.

La manifestation, devenant de plus en plus familiale, ne pouvait enfin laisser de côté le jeune public.
Chez Dyson celui-ci est invité à produire de nouveaux objets à partir des pièces détachées, esthétiquement très belles, des robots domestiques de la marque.
L’épilogue du programme Ma maison en 2050, passionnément conduit par Corinne Rozental à Beaubourg…

Tandis que d’autres « enfants du design » profiteront des Designer’s Days pour montrer le bout de leur nez : d’abord le nouvel éditeur Specimen, porté par deux garçons âgés d’une petite vingtaine, présentera chez Terre & nuage (1) deux pièces particulièrement intéressantes signées pour l’une Sylvain Rieu Piquet et pour l’autre Guillaume Delvigne .

Mais aussi ces nombreux jeunes designers qui exposeront leurs travaux à Docks en Seine(2), la fameuse Cité de la mode et du design maintes fois ajournée.

C’est donc enfin l’ouverture officielle et certainement le plus beau cadeau que l’on pouvait faire aux Designer’s days pour leurs dix ans d’existence, mais aussi au design et aux parisiens !

(1) Terres & Nuages, 10, rue des Filles-du-Calvaire, 75003 Paris.
(2) Docks en Seine, 34, quai d’Austerlitz, 75013 Paris.

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