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jeudi 10 décembre 2009

Lacroix c'est fini ?




« La Couture c'est fou, contradictoire, imprévisible et, surtout, c'est plus fort que moi. ».

C’est ce que déclarait Christian Lacroix aux prémices de son aventure Mode.

Une passion à la limite de l’amour fou unissant le couturier à sa maison de Couture.

Aujourd’hui, faute de repreneur capable de présenter les garanties financières à leurs offres de reprises, le tribunal a donc suivi le plan proposé par les propriétaires américains de la maison. Bilan, une centaine de salariés licenciés et des petites mains effondrées.
Se sont elles qui portent sur le devant de la scène médiatique leur tristesse à l’idée d’abandonner leur Maison de cœur.

Les signes avant-coureurs étaient légions : un défilé Haute-Couture dont beaucoup disaient qu’il serait le dernier, des banderoles et des badges arborés par les équipes créatives et les journalistes.
La disparition de la maison Lacroix des deux calendriers (Haute-Couture et Prêt-à-Porter) est bien plus qu’une « simple » affaire de société déficitaire.

C’est une partie du patrimoine et de la Culture Luxe et Mode de la France qui disparait.

Paris 1971 :
le jeune Christian Lacroix « monte » à Paris pour faire un mémoire autour du « Costume à travers la peinture du XVIIème siècle » et préparer le concours des Conservateurs.
Il aimait créer de manière libre de tous engagements et de toute pression.
Créateur et homme d’affaire , il avait une vision pourtant juste du milieu :
« Dans cette fin du XXe siècle, la couture survivra si elle trouve sa cohérence entre le prêt-à-porter de luxe qu'elle ne doit pas être et la créativité radicale qui n'est pas son rôle, la clientèle, même nouvelle, n'échappe pas à certains codes. »
Garder son âme, essayer, oser et être rentable, mot de la fin à Lacroix, visionnaire malheureux d’une fin qui nous touche :

« Certains créateurs font un travail de couturier, d'autres proposent une image obsolète de la femme. Une jupe droite à la main ne signifie pas grand chose. L'avenir est entre les deux car l'envie individuelle d'un vêtement unique et artisanal existera toujours et d'autant plus qu'on aura à refuser l'uniforme. Dans ma maison en tous cas : c'est l'éphémère, le particulier, l'unique qui sont les meilleurs signes de l'identité. Le luxe en soi doit justement déboucher sur une individualité, une différence, un dandysme - et pas sur une bourgeoisie esthétiquement désuète. Je crois que l'on n'a qu'une seule chose à dire mais que cette chose évolue sans cesse. C'est cette constance dans le changement qui détermine un style. »

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