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samedi 7 mars 2009

Utrillo et Valadon


Utrillo et Valadon : quand la mère succède au fils

De Maurice Utrillo, on ne connaît pas grand chose, si ce n'est sa réputation de peintre maudit difficilement classable.
Gravement alcoolique, cet artiste du début du XXe siècle, qui inscrit son style avant-gardiste (pour l'époque) dans l'Ecole de Paris, a fait preuve d'un talent pictural flagrant avant de sombrer.

De Suzanne Valadon, sa mère, dont le succès prit le pas sur celui de son propre fils, on sait que de fille mère issue d'un milieu populaire, elle sut évoluer dans la sphère artistique de l'époque, et ainsi se faire connaître.

Photo :Portrait de Maurice Utrillo par Suzanne Valadon, 1921 / Coll. Pétridès, Paris


Leurs styles

Utrillo était maître dans l'art du paysage urbain : des images de Paris avec ses rues sans vie, à la perspective impec, avec des couleurs éteintes, et plus particulièrement un blanc mêlé de plâtre... ; et parfois des vues d'autres villes, peintes d'après carte postale avec un vrai souci de vérité.

Sa mère Suzanne, quant à elle, brillait par l'utilisation de ses teintes vivantes (on la rapprochait volontiers des Fauves), ses dessins de nus des femmes de son entourage, bref une œuvre pleine de vitalité.Ce qu'on en penseUne expo qui met en lumière l'histoire d'une filiation étonnante, de deux peintres qui ont compté dans le Montmartre arty, à travers un parcours pas trop long. Très bien expliqué sans que les parenthèses de textes soient jamais ennuyeuses, ce parcours post-impressionniste à la Pinacothèque de Paris est un vrai divertissement culturel.Ne manquez pas les ateliers pour enfants

Faites découvrir l'univers de Montmartre et initiez vos enfants à la Peinture (cet art avec un grand P !) grâce à quatre ateliers que propose la Pinacothèque.

Infos pratiques : Pinacothèque de Paris, 28 pl. de la Madeleine, 75008 Paris

Tél. : 01 42 68 02 01Tarifs expo : 9 € et 7 €

Ateliers enfants (de 5 à 11 ans) : tous les mercredis et samedis, 14h et 16h

Tarifs ateliers : 10 € pour 1h30 (résa obligatoire)

2 commentaires:

Tilly a dit…

Bonjour, j'espère que vous aimerez comme moi cet extrait du roman "Le Bonheur" de Marc-Edouard Nabe, 1988.

Le personnage principal, l'artiste peintre Andréa de Bocumar (anagramme de MEN), donne une interview radiophonique où il parle des génies méconnus de leur vivant : Van Gogh, Modigliani, ... et de ceux dont le succès vécu à affaiblit le talent : Picabia, Chirico, Severini, Utrillo.

[Utrillo,] "dont le génie s'étiole, toute gloire bue...
l'I. : Vous n'aimez pas Utrillo ?
A.d.B. : Si, beaucoup, mais il y a eu vraiment chez lui Mister Star et Docteur Maudit ! Le dernier Utrillo, entre la grosse Valore et Jeanne d'Arc, passant des heures dans sa chapelle privée à embrasser des reliques avant de peindre de faux Utrillo, n'est pas celui dont sa maman était fière, le roi des cieux parisiens, le maçon des murs pisseux ! Poule tremblotante aux oeufs d'or, enfermé, exploité à fourbir des Montmartres en série, Utrillo est l'exemple type du maudit qui a raté sa malédiction, il était fait pour crever de cirrhose à 30 ans comme les autres... Il a préféré se marier que mourir...
L'I. : Ah, bon ? Pour vous alors, la femme est nocive à l'artiste ?
A.d.B. : Non, pas forcément. Sans sa mère, Utrillo n'aurait jamais peint.
L'I. : Mais sans sa femme il aurait continué, c'est ça ?
A.d.B. : (Rires) Exactement !
[fin de l'extrait]

daniela w. a dit…

merci pour le commentaire, j'apprécie le texte et je suis completement d'accord..